La véritable influence d’Internet dans la présidentielle : une donnée quasi impossible à mesurer 

Afin de tenter de mesurer l’influence que peut avoir Internet sur les opinions dans la campagne présidentielle, l’association des instituts de sondages Somar a réuni le 13 février chercheurs, sondeurs et politiques à Paris. Bilan ?! Grosso-modo, on sait qu’Internet a un poids mais on ne sait pas le déterminer. Hum, léger comme info… Une réunion au sommet pour une conclusion plutôt décevante : 

Certes, nous sommes aujourd’hui capables de déterminer le profil des internautes, des bloggeurs, d’identifier leurs réseaux qualitativement et quantitativement, nous restons cependant incapables de mesurer le poids d’Internet dans leur prise de décision ou dans la façon dont va se forger leur opinion. Le Net lui-même n’est pas représentatif de la population puisque les plus actifs sur la Toile sont apparemment des hommes de plus de 35 ans, issus de catégories sociales supérieures et d’un niveau culturel élevé. Alors comment mesurer l’influence du Web sur l’opinion ? Le Web est bel et bien le point de départ de nombreuses rumeurs ou diffamations, théâtre aussi d’extrapolations en tous genre. Il est vrai qu’une gaffe n’est plus pardonnable aujourd’hui, ou du moins il relève de l’impossible de la faire passer à la trappe : les internautes sont à l’affût de celles-ci et c’est pour ma part un régal de pouvoir revisionner en ligne une bourde (et même une montebourde !) que j’aurai ratée en direct. Nous pouvons penser à la fameuse vidéo de Ségolène Royal sur les professeurs, aux déclarations « Kärcher » de Sarkozy sur la dalle d’Argenteuil et tous les derniers sujets à polémique qui sont l’objet de podcasts très visités, voire les plus visités en cette période électorale.Pourtant, il ne faut pas oublier qu’en pratique, le premier rôle du Web est d’informer. Ce sont les sites d’informations de la presse écrite qui restent les principales sources d’information on-line à 63% (selon un sondage réalisé par 20 minutes) bien avant les blogs ou les forums de discussion (20%). Les blogs apparaissent ainsi davantage comme une source complémentaire d’information pour les plus curieux et les plus avides d’informations.

Notons que sur un panel représentatif d’internautes interrogés, ils sont 40% à rechercher des informations sur l’actualité politique en ligne mais ne sont que 10% à visiter ponctuellement un blog politique.

En bref, malgré l’entrée d’Internet dans la vie politique, il reste impossible de mesurer clairement son impact sur la construction des opinions du citoyen, d’autant plus que les internautes ne sauraient être représentatifs de l’ensemble de la population. A méditer.

E-préambule

mars 8, 2007

J- 45 avant le 1er tour des élections présidentielles… A ce jour, nous comptons tout juste 10 candidats déclarés que sont Ségolène Royal, Nicolas Sarkozy, François Bayrou, Dominique Voynet, José Bové, Arlette Laguiller, Marie-Georges Buffet, Olivier Besancenot, Philippe de Villiers ou encore Jean-Marie Le Pen. Des « petits » candidats ont aussi fait leur apparition dans la paysage politique français, ils ont des solutions alternatives plus ou moins réalistes ou extrêmes.

En vérité, nous serons réellement fixé sur notre sort d’acteur à part entière de la démocratie en qualité d’électeur le 16 mars : jour du verdict… Qui aura ses 500 signatures, accédera au statut de présidentiable et se verra par la même occasion défrayé d’une partie de ses frais de campagne ?

Ou plutôt, qui ne les aura pas ? Jean-Marie Le Pen, actuellement à la recherche (désespérée !) de ses signatures manquantes se verra t’il le cas échéant obligé de vendre son QG de parti comme il l’a déclaré ce lundi ? Sera t’il dans les semaines à venir obligé de crier au scandale de la démocratie s’il n’est pas représenté ? Nous le saurons ces prochains jours…

Toujours est-il que ce candidat, à l’instar de ses concurrents, a usé, utilisé, exploité, encore et encore, la toile pour sa campagne. Le but ? Etre présent partout, tout le temps, et ne pas «manquer » un rendez-vous possible avec l’internaute.

Véritable phénomène de société, l’avènement d’Internet ces dernières années a complètement bousculé les usages de nombreux citoyens du monde, tant dans leur sphère professionnelle que privée. La vitesse fulgurante avec laquelle les nouvelles technologies évoluent en permanence est telle que parfois, même avec mon jeune âge, censé me conférer une capacité d’adaptation rapide, je n’arrive plus à suivre… L

Aujourd’hui, le web 2.0 offre des possibilités d’interactivité énormes ; les blogs en sont l’illustration parfaite. Le phénomène blog connaît effectivement son succès grâce à une grande facilité de publication, une grande liberté éditoriale et une grande capacité d’interaction en temps réel avec le lectorat. Bien que la plupart des blogueurs hésitent à donner une définition claire de leurs intentions, et que la définition même du blog reste très incomplète à ce jour, la majorité des blogs s’utilise à des fins d’autoreprésentation. La plupart des blogs sont donc personnels voire privés, en opposition aux blogs professionnels comme les blogs officiels de certaines entreprises ou les blogs de journalistes.

Au delà des blogs, le web 2.0 a permis le succès de sites comme youtube, dailymotion, myspace dont le partage et la communication sont les moteurs.

La politique ne pouvait rester en marge de ce phénomène sans essayer d’en tirer profit (dans la communication, tous les moyens sont bons ! Et en politique, mauvaise langue que je suis, tous les coups sont permis !) Trêve de rimes futiles, dans le cadre de la campagne 2007, une (sur)-abondance de pratiques d’e-politique se sont développées on-line jusqu ‘à une représentation des candidats dans le jeu virtuel ‘Second-life’ qui est à mon sens une dérive… Pourquoi ? dans le sens où je pense que cela décrédibilise le candidat et son programme. Suis-je vieux-jeu ? Ouverture du débat, j’attend vos réactions !

Plus sérieusement, je reste persuadée que si le web 2.0 rend certes la politique moins rébarbative et conventionnelle, et offre un panel de possibilités énorme, nous ne pourrons éviter certaines dérives que la souplesse de l’outil rend incontournables.