La politique sur Second life, un e-excès?!
mars 11, 2007
Aujourd’hui est un jour important dans cette course à l’Elysée 2007 : Jacques Chirac vient d’annoncer ce soir qu’il ne se portait pas candidat dans un discours officiel. Il ne sera donc pas obligé de rivaliser sur la toile avec les autres « prétendants », et de déployer ainsi des efforts d’ingéniosité pour être présent et reconnu sur ce qu’on appelle désormais le 5ème média …
Second Life ? Nous ne connaissons pas tous forcément ce jeu virtuel, un petit rappel est donc nécessaire : crée en 2003 par la firme américaine Linden Lab, Second Life est originellement un jeu en réseau. Il s’agit en fait d’un territoire numérique, bien sûr en 3D, nouvelles technologies obligent, où chacun peut se créer une existence nouvelle, une « seconde vie ». La visite de cette communauté vivante est gratuite, cependant pour en devenir membre et pouvoir y exister, un abonnement de 9,95 dollars par mois est nécessaire. Précision importante, Second life est une communauté internationale… Sur ses 3,8 millions d’ « habitants », la majorité serait des européens à 54% (contre 31,2% d’américains).
Comment cela fonctionne ? Chaque nouveau membre se choisit un avatar, créature de pixels, dans laquelle il se réincarne. Dès lors, les membres actifs, moyennant finances, peuvent investir et acheter un terrain, une maison, se créer un business virtuel. Il existe même une monnaie locale : le linden. Bref, Second Life est devenu une communauté vivante, qui n’a de cesse de se développer, en créant notamment du contenu, et les politiques ont naturellement fini par s’y intéresser.
A l’image de l’explosion des blogs de laquelle Nicolas Sarkozy a profité en permettant au fameux bloggueur français Loïc Le Meur de le rencontrer pour démontrer son ouverture d’esprit aux internautes, les politiques français se sont saisi de Second Life pour montrer qu’ils sont toujours dans le coup.
Le Front National a été le premier parti à investir le jeu le 23 novembre 2006, ensuite le PS a suivi dès le 13 janvier 2007 et l’UMP vient de s’offrir une île sur le jeu dès son arrivée le 21 février dernier. Notons d’ailleurs que c’est Loïc Le Meur qui s’est chargé de la création de l’île Sarkozy avec l’aval évident de la direction de campagne du candidat.
De fait, même si le jeu ne compte actuellement que sur la participation de 20 000 français, chiffre dérisoire, nos partis politiques ont tout de même fait le choix d’investir dans un lopin de terre virtuel : pourquoi ? Seule une minuscule niche n’électeurs est concernée par le jeu, nous pouvons alors penser que c’est pour se donner une image de modernité. Un coup de pub ? Si Second Life est à la mode, alors les politiques doivent l’être aussi… Fini le temps où l’homme politique ne connaissait pas le prix d’un ticket de métro ou d’une baguette et se laissait piéger lors d’émissions : le politique doit désormais être au plus près de son électorat et faire en sorte de se rendre accessible, s’humaniser.
L’initiative de nos politiques sur Second Life est intéressante mais il est néanmoins important de veiller à ne pas dévaloriser le discours politique. Certes, il est louable que nos candidats aient saisi toute l’importance prise par Internet et notamment les blogs dans la campagne électorale mais gare aux dérives… Le sociologue Jean-Louis Missika, dans un article paru dans le Monde, met en garde sur celles-ci :« Le Web est un outil grâce auquel on peut obtenir aujourd’hui un effet d’échos dans les médias traditionnels. Il ne faudrait pas que ces coups médiatiques prennent le pas sur le vrai débat démocratique. » A méditer !
Le tout en images…. #380 Second Life SteveNelson

Chère E-bloggeuse,
) On a le droit de rêver, de se prendre pour le maître du monde virtuel.
Sim City… euh pardon!… Second-Life n’est pas un jeu
Personnellement, je trouve qu’on a atteint un sacré stade quand on voit ce que l’on peut créer au travers de Second-Life. Comment prendre au sérieux ces fameuses Présidentielles ? Je trouve que l’exploitation de ce genre d’interface illustre bien la superficialité des élections françaises. On doit bien se moquer de nous ! Quelle image exportons-nous ?
Mais bon…C’est ça la liberté d’espression! Heureusement qu’en France on a la chance de pouvoir s’exprimer (allons dire la même chose au journaliste égyptien qui a osé écrire un pamphlet sur les autorités de son pays la semaine dernière, R.I.P.)
Salut E-blagueur…
et toc!) et peut-être as-tu raison, notre image à l’étranger risque de manquer de sérieux? Je ne sais pas, pour ceux qui s’en préoccupe, sûrement.En tout cas, nos élections à la française sont cette année pour le moins dans la lignée du modèle américain (help!)et je pense que tu me suivras là-dessus…
Je vois que nous sommes d’accord:tu condamnes toi aussi la politique sur second-life (… Sim city, tu as un métro de retard